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Honkytonk : le blog de Dudley Smith
...Où il est question de Rock n'Roll, de hip-hop, de football, de cinéma et des menus plaisirs de l'existence, qui vont des Stones aux Pink Floyd, des Tarantino aux plages corses, de Fela
Kuti à George Best, et de Jay Dee à Sam Peckinpah...
Pourtant je suis fan. Mais vraiment fan. Je les ai tous vus, certains plusieurs fois voire plusieurs fois en salle. J'ai tous les DVD, tous les bonus. Et ce nouvel
opus, je l'attendais depuis plus d'un an, depuis les premières brèves et les premières indiscrétions, jusqu'à checker régulièrement le casting sur imdb. Une vraie midinette. Tenez-vous bien, je
fais même partie des 48 personnes par pays qui ont aimé, et défendent Death Proof.
Pourtant, j'avais peur. Des mauvais échos, une dithyrambe au garde à vous dans la trilogie Inrocks-Libé-Le Monde, avec qui QT a tellement la carte qu'ils applaudiraient même s'il filmait ses
étrons au réveil, et un sujet casse-gueule. Et le film part super bien d'ailleurs. La zique, le plan large et la discussion qui s'ensuit polyglotte, tendue et bizarrement doucereuse, filmée comme
une scène d'action. Et ensuite la scène ou Brad Pitt qui surjoue plus que chez les frères Coen présente son escouade. Ca part
très bien, en pendant 35-40 minutes on kiffe et on s'installe.
Mais après, pas la peine de chercher bien loin ou de s'en vouloir de critiquer une idole, on se fait chier. Mais super chier. C'est même limite catastrophique, un enchaînement scène Hitler-scènes à Paris (grotesques), etc etc...même la scène de la taverne en Normandie censée relancer le suspense, et accessoirement (!) le sujet du film, est un peu trop longue, sur-appuyée, et foireuse malgré un certain humour et une violence rigolote. Mais bordel ça suffit pas.
Du coup, on tourne, on cherche, on regarde ses voisins, on a chaud, très chaud. On regrette. On en vient d'ailleurs à se demander comment Tarantino a pu rater
autant d'éléments du film, lui qui est si perfectionniste et d'ordinaire si génial. Là, plein de trucs semblent bâclés, déjà ringards, à l'abandon. Les acteurs sont pas terribles, si on excepte
le nazi Landa qui joue comme un psychopathe donc bien, et Michael Fassbender, qui reste 20 minutes à l'écran mais qui est parfait comme d'hab. A part ça, Pitt est lourdingue, Mike Myers
grotesque, Kruger pénible, Mélanie Laurent antipathique et le mec qui joue son projectionniste de boyfriend joue super mal. Mais SUPER mal. On se demande comment QT lui-même â pu laisser passer
des lacunes si évidentes.
On aimerait aussi passer sur les décors, mais on peut pas. Le cinéma est laid, Montmartre laid et chichiteux, comme dans les pires clichés à la Michael Bay en vogue
à Hollywood. L'accordéon, les pavés, les affiches, au secours. Du coup on s'emmerde, et on peut même pas regarder les paysages, ratés. Pire encore, tout ce qui d'habitude fait toute la classe du
cinéma tarantinien est ici complètement hors de propos : aucun dialogue ne sort du lot, aucune phrase n'est vouée à devenir culte, et la violence est presque toujours gratuite. Tous les effets de
style en deviennent autant de tics, à savoir les ralentis, la musique de western pérave, et les plans un peu stylés.
Bon, on va pas insister et charger la barque pour se faire plaisir, mais ça fait mal, ça fait chier, et c'est surtout dommage. Quant au côté pseudo-insolent de "changer l'Histoire" survendu par
les journaux du temps de Cannes, bah on s'en branle en fait. Les Nazis meurent dans un ciné, grâce au ciné. And so ? On laissera aux Inrocks le soin d'interpréter les ellipses, puisque c'est
quand même eux qui ont vu une démarche anti-Bush dans les films de Tony Scott, ce qui est tout de même hilarant. Et pour en revenir à la fin du film de QT, vu que ce dernier prend des libertés
avec l'histoire et le bon sens depuis le début du film, la fin parait d'avantage comme une étape supplémentaire et tragique dans le grand-guignol plutôt que d'un pied de nez salvateur et
marquant.
Enfin, même la musique du film est pourrave. Ce qui est quand même un sacré signe. Et la preuve qu'après tout, même Tarantino peut rater, et ne peut pas TOUT bien faire. A lui maintenant de
redresser la barre et de faire des films amples et universaux, comme Pulp Fiction. Et donc pas continuer à dilapider son génie hors normes en cassant son joujou dans des potacheries interminables
et prétentieuses, propres à emmerder même son carré de fans...
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PAr contre la scène du début il l'a tourné en Corse Tarantino ? Papa Lapadite a la tete d'un bandit corse...