Samedi 9 mai 2009
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On a tellement tout dit, tout raconté, tout lu sur Eminem, entre art et faits divers, que ce n'est presque plus la peine d'en rajouter. Rappeur surdoué, faiseur
d'or, emblème générationnel, psychopathe au melon carabiné, le Marshall M. nous aura tout fait en seulement quelques années de présence culturelle et médiatique. Son nouvel album,
Relapse, à venir, est présenté comme "celui de la dernière chance".
"Dernière chance", faut pas déconner non plus. Après tout, le gars en question est déjà richissime, gavé de disques de platine, et il restera à jamais un artiste inoubliable, grâce au succès, au
soufre et au stupre. Mais il n'empêche, dans notre société actuelle et avec l'explosion de l'équation offre-demande culturelle traditionnelle, on peut passer en quelques heures du sommet aux
égouts. Et Eminem lui-même ne le sait que trop bien.
En débarquant comme un bâton de dynamite dans le monde des people et le rap game, en 1998 et quelques, Eminem s'est retrouvé médiatisé au début du XXIe siècle. Soit la pire
époque d'une congestion hystérique des modes de communication, entre youtube, les blogs, MTV et Myspace, les mp3 et le téléchargement, et l'avènement d'une génération d'artistes chassés par les
tabloïds jusqu'à la dépression, et de superstars n'ayant jamais rien créé d'intéressant : Lindsay Lohan, Britney, Kim Kardashian, et Paris Hilton, pour les plus "visibles".
Avec un "plus" de talent évident, Eminem a beau s'en moquer, il est lui-même un peu partie prenante de ce phénomène. En sur-médiatisant ad nauseam sa vie
privée (le procès fait à et par sa mère, sa relation violente avec Kim, la garde de sa fille Hailey, ou ses plans cul avec Mariah Carey) dont on aurait pu se foutre aisément, en tombant à genoux
dans le gouffre du star-system et du succès trop grand pour le petit gars complexé qu'il était, il a lui-même rendu sa vie scrutée, détaillée, décortiquée, et ce voyeurisme à l'envers en est
devenu une marque de fabrique (cf le morceau Cleaning out my closet).
Après deux albums expérimentaux et bancals, mais très riches en idées (Show et Encore), Eminem a craqué, et mélangé surdose de cachetons et mode dépressif. Ce dont au
passage il a continué à faire le pub. Les rumeurs et témoignages affleuraient sur son état de forme, de santé, son surpoids etc. Au point de se demander si sa carrière allait ou non, après 2005,
se prolonger.
Et le revoilou donc, en 2009, avec ce Relapse prêt à inonder les charts du monde. Très impatient de voir ce que ça donne, je me régale depuis plusieurs jours du premier single, We
made you. Les lyrics sont caricaturales, Eminem continue de se moquer des célébrités et des homosexuels, et de tirer sur des ambulances (Lohan, Palin, Britney, Winehouse etc).
Sauf que, sauf que, Dr Dre a encore été génial en signant l'instrumental, qui convoque ses claviers habituels avec des cuivres à
la Mark Ronson, qui rappellent justement les morceaux d'Amy Winehouse. Et un résultat assez "carnavalesque". Et juste pour sa tête de con dans la parodie visuelle de Star Trek, c'est du bon
coco.
Par Dudley Smith
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