Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 17:19




Bon (j'adore parler de moi, vous savez bien) au début je me suis dit "franchement tenir un blog pour encenser Richard Kelly et démonter Roland Emmerich, franchement t'as passé l'âge de faire comme tes amis de Libé ou des Inrocks". Mais garnement cinéphile en congé que j'étais ce jour, je commis l'irréparable erreur, pour certainement et inconsciemment compenser l'aridité auteuriste de Haneke d'hier, d'aller faire une demi-sieste devant 2012.

Mais fallait pas, hélas. Autant j'avais eu du flair en évitant la purgeasse de Transformers 2, avec les robots racistes de cet âne bâté de Michael Bay, autant 2012 je me suis fourvoyé comme un bleu. Je me souviens encore des quelques critiques un tant soit peu positives lorsqu'il avait sorti "Le jour d'après", sentiments uniquement provoqués par le côté faussement "écolo" du dit film, qui était déjà un machin indigeste où Dennis Quaid se ridiculisait sévère, trimballant son air de veuf affecté tout au long de la banquise en fonte.

Ici, ce sont pourtant des acteurs qu'on aime bien (Cusack, Ejiofor et cette gourmande d'Amanda Peet) qui touchent leur chèque en faisant mine de froncer les sourcils. Je n'ose imaginer leur tronche durant les avant-premières, si encore ils y assistaient.

Je tiens ici à préciser qu'en post-teenager curieux, il m'arrive régulièrement d'aller voir des films en sachant d'avance que leur qualité sera aléatoire, mais pour y passer comme disent les spectateurs sans trop de sens critique "un bon moment". Ce fut par exemple le cas pour le remake de Vendredi 13, ou Planet Terror, parmi d'autres. Mais je ne pouvais pas m'attendre à un truc d'un aussi mauvais niveau que 2012.



"Il est où mon chèque ?"

Sur la forme, c'est évidemment gros sabots, perclus de FX dans tous les sens et parfois moches, et surtout 2h40 avec un trop-plein de scènes de larmes au téléphone ça passe aussi facilement dans le colon qu'un os à moëlle. Deux idées m'ont charmé seulement, la scène dans LA au début, splendide, et l'immersion ponctuelle de DV dans les scènes d'action, qui confèrent un certain "réalisme" au bordel.

 

Mais sinon c'est à hurler de rire, ou à se jeter contre les murs, c'est selon. Avec toute la batterie de clichetons dégueulasses qui accompagnent les films naïfs à deux neurones, patriotiques et putassiers, pondus par Emmerich. Les Indiens mangent du curry, le Russe est roublard et veule, les Chinois pauvres mais vaillants, au secours et j'en passe ! A côté, Klapisch c'est Jacques Audiard.

Je pourrais baver des heures mais je m'arrête là. Roland Emmerich prouve bien que s'il détient les clés d'un business juteux, il n'avance sans aucun talent. La scène où le président des USA meurt en s'adressant à sa femme décédée est grotesque (pauvre Danny Glover), la love story entre deux personnages noirs témoigne d'un archaïsme piteux et rance comme les aime tant Hollywood.
Mais le meilleur reste à la fin, puisque emmerdé par un personnage de beau-père un peu couillon, qui empêche par sa simple présence la happy end de se dérouler, Emmerich décide carrément de...le tuer, sans sommation ni morale, qui plus est en le broyant dans des rouages de machinerie !

Après le film-catastrophe, Emmerich détient depuis Stargate les clés du film catastrophique...




Par Dudley Smith
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