Mercredi 25 mars 2009
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L'auteur de ces lignes, qui a souvent des idées un brin arrêtées et puériles en matière de culture, voudrait pousser un coup de gueule apte à se perdre dans les
méandres du web 2.0, et ravir éventuellement les 25 à 30 quidams qui continuent chaque jour de venir me prendre le pouls (ce n'est pas une contrepétrie).
Quelle mouche me pique donc ? Je profite tout simplement de la sortie de Un chat, Un chat, la nouvelle comédie pénible et neurasthénique de Sophie Fillières (après la série de
"fantaisies" sous chloroform de Jeanne Labrune) pour taper un bon coup définitif sur la comédie française, genre malade parmi les segments malades. En évitant au passage de rentrer dans des
antagonismes vains, genre Podium c'est nul et Podalydès c'est formidable...
Mais tout de même. Pour les gens qui ont été biberonnés à Woody Allen, Chaplin et parfois les Marx Brothers pour la old school, plus tard la troupe du Splendid, les Nuls et l'esprit Canal dans
son ensemble et de temps en temps des bonnes bouses bien de chez nous genre l'Alsace et la Lorraine ou le culte méprisé Grand Bazar des Charlots, que reste-t-il aujourd'hui à se
mettre sous la dent, nationalement parlant ? La réponse est dans la question.
Aujourd'hui, dans ce business tapageur et comme les autres qu'est devenu le cinéma, tout doit aller très vite et faire un max de pognon. Après donc plusieurs
décennies où des tentatives diverses pouvaient être tolérées, des coups de poker ou autres caprices, de nos jours c'est soit des rouleaux-compresseurs aux blagues en kit, où le climax de l'humour
tient dans le fessier exposé de l'insupportable Mathilde Seigner, avec gros budgets, vedettes et phénomène de société monté de toutes pièces, porté par les redoutables pages culture du
Parisien, avec les Unes et sondages orientés qui vont avec...le nom de ces cataclysmes, vous les connaissez : Coco, Cyprien, Jet Set, Astérix aux Jeux Olympiques, Le Boulet, Disco,
Bienvenue chez Dany Boon, et d'autres bouses pompées aux ricains comme La Boite, Hellphone (!!) et j'en passe des pelletées...
Pour faire face à cette déferlante agressive, difficile de trouver un juste milieu. On se retrouve seulement face à une longue série de films assez semblables, qui se déroulent en grande majorité
dans un Paris bourgeois à s'en étouffer, dans des rues vides avec touristes en carton-pâte, mêlant des amourettes de baisouille frustrées et des personnages obsédés par leur nombril
souffreteux...Ceux-là vous les connaissez aussi, et malgré quelques réussites ils peinent à dépasser un canevas bourgeois qui les expulse des réalités plus terre-à-terre de notre pays...Déroulant
la pellicule, on peut alors citer les films de Bruno Podalydès, Jeanne Labrune, Sophie Fillières, Noémie Lvovsky, Danièle Thompson, Jaoui-Bacri, Klapisch ou Danièle Thompson, sans oublier
l'horripilant Emmanuel Mouret.
Qu'on se comprenne bien, j'ai déjà pris bien du plaisir avec certains longs-métrages de cette dernière catégorie. Mais aujourd'hui, mon cerveau de bientôt 29 ans et
un goût developpé m'imposent de hurler intérieurement contre ce cinéma français impossible de se dépasser pour devenir moderne, réaliste, et s'extraire de la vie de la Cour et des bourgeois dans
lequel l'art de notre pays est plongé depuis le XVIe siècle. A ce titre, le personnage de Nathalie Baye dans Les Sentiments est en tous points idéal : une femme de cinquante ans, bien
conservée et cocue, qui bien évidemment ne bosse pas et reste toute la journée dans sa grande baraque ensoleillée pour siroter du sky en attendant son Bacri d'époux...Trop dur la vie...Ou encore
cet autre personnage, campé par Emmanuelle Devos dans Gentille...la même, bourge ethérée et evanescente, traversant les beaux quartiers de Paris et un appart de 254 m² pour tenter de
séduire à nouveau son compagnon, joué par Bruno Todeschini qui dans une scène enfile un scaphandre pour faire rire....STOOOOOOOOOP
Alors comme le genre ne se renouvelera pas tout seul, et que ce simple post ne va évidemment pas susciter de séisme, on peut imaginer des élements de
satisfaction. Le meilleur serait que les producteurs aient le flair de ne plus financer les films de Onteniente, Danièle Thompson ou Alexandre Arcady, mais on peut se gratter. Il suffirait
simplement d'attendre des films qui conservent une fraîcheur, une novation, et gardent une part très personnelle, souvent nimbée d'esprit Canal...
C'est ainsi que dans ce marasme on a pu apprécier au fil des années récentes des choses comme Podium, l'Astérix de Chabat, Deux jours à Paris de Julie Delpy, Seuls
Two et Steak avec Eric et Ramzy. Dédicace également à l'immense Arnaud Depleschin, brillant magicien et vraie "caillera" des temps modernes. Si vous ne classez pas ses films en
comédies, alors vous n'avez rien compris...Et bien évidemment le truc le plus drôle peut-être de la décennie, les mimiques de Dujardin dans le très classe et très fin OSS 117...avec tout
ce que je viens d'exposer, on attend le nouveau avec une impatience bouillante...
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