Mardi 13 octobre 2009
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Il y aurait plusieurs manières, et plusieurs lectures, d'aborder le nouveau film de Judd Apatow. Mais on peut par exemple, pour en relever un symbole porteur,
évoquer sa BO. Vous avez d'un côté le vétéran de la folk édulcorée et sous vide, James Taylor, qui joue son propre rôle dans le film. Puis une bonne partie de la bande originale composée par
l'acteur Jason Shwartzman, également dans le film, qui trousse une sorte de sous-Cocoon folkeux un peu mou où JS chante parfois faux...
Deux choix "musicaux" qui sont involontairement (?) d'excellents symboles du film, Funny People, qui est donc à la fois poussif, conservateur, prétentieux, faussement romantique, et trèèèès long.
Ca sonne assez faux, c'est pas marrant et c'est surtout ringard ce qui pour le supposé "pape de la nouvelle comédie moderne US" est assez gênant.
Il faut ici que j'explique quel est mon rapport à Apatow, et à ses nombreux produits dérivés. En quête d'un nouvel humour ricain au moment où les frères Farrelly ont décidé de rentrer dans
le rang, donc après Fous d'Irène, et pendant que Woody délire dans son coma, j'ai salué avec pétillance l'incursion de la Apatow connexion dans nos DVDthèques.
Si sa série pseudo-culte Freaks and Geeks m'a laissé de marbre parce que longue, pas drôle, et très cucu la praline, ce qui m'a fait comme le public
américain d'ailleurs abandonner après 8 épisodes, j'ai beaucoup aimé 40 ans et En cloque, mais surtout les productions Apatow, ou librement inspirées de, comme Forgetting
Sarah Marshall, Role Models, Walk Hard, I Love you, man et l'extraordinaire Ron Burgundy (Anchorman).
C'est donc détendu et assez sûr de moi que je me suis calé le fessier dans mon siège pour la projo du 3e opus, quoiqu'inquiet de la durée du long-métrage, 2h25. Pour un résultat bien pire que mes
inquiétudes.
C'est comme si les défauts habituels d'Apatow étaient ici sur-appuyés. Le faux rythme, les scènes d'émotion apesanties, longueur et langueur, la vulgarité défensive des personnages peu à l'aise
parmi leurs semblables.
A ce titre, les Cahiers du cinéma ont frappé assez juste en consacrant perfidement leur couverture et dossier du mois à Judd Apatow, pour mieux en défoncer le dernier film et pointer
justement ses démarches les plus douteuses. Une certaine mysoginie, un familialisme benêt, une vision terrifiante du couple et des femmes en général.
Puisque le réalisateur a envie de filmer, et de nous montrer, sa jolie femme blonde et ses filles aux bouclettes dorées, on se dit que lui-même doit avoir une vie
de couple assez pénible, et très "American way of life" même s'il répète régulièrement que lui et Leslie Mann adorent "péter au lit" dans les interviews. Sauf qu'ici le gars nous la joue
genre "OK je suis connu, je vais vous montrer que je peux faire un film de genre, avec une part sombre, et des acteurs émouvants".
Avec une seule scène drôle, celle du toubib suédois, l'ensemble se casse méchamment la gueule. Sandler est pataud et peu crédible, Seth Rogen considéré comme un formidable acteur, est juste
passable, et tous les autres sont sévèrement à baffer, même RZA dans un rôle hyper caricatural de renoi qui appelle sa femme "bitch" et sort de prison.
Enfin, si j'avais jusque-là apprécié les films d'Apatow, tout en les trouvant "survendus", ici je me demande même comment ce film a pu être produit...
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